La respiration: avec le nez ou la bouche?

On entend souvent dire qu’il faut respirer par la bouche car « cela va plus vite ». Le travail vocal et respiratoire que j’enseigne prouve bien le contraire depuis longtemps. En vrai, la solution est de savoir respirer par le nez, mais rapidement! Il s’agit cependant d’un entrainement respiratoire qui demande un certain investissement dans la durée.
Apprendre à respirer plus vite vous permettra de récupérer de l’air plus rapidement, cela va de soi !
Mais ceci n’est pas une mince affaire une fois qu’on se situe dans le contexte du chant (notamment sur des chansons rapides avec un gros débit de paroles) ou lors d’un discours avec un rythme très soutenu (si l’on est avocat, enseignant, comédien etc…).
De nos jours, tout va trop vite. On vit en apnée sans souvent s’en apercevoir et on bloque la respiration jusqu’à en mémoriser un mauvais « mouvement ». Si vous pouvez voir un bébé prochainement, je vous invite à observer la façon dont il respire. À la naissance le bébé respire par le nez et son ventre se « gonfle » et « dégonfle » comme un ballon : la nature l’a fait ainsi. Cette respiration permet de réguler l’humidité et la température de l’air inspiré, mais aussi de filtrer les agents nocifs.
Alors, pourquoi aller contre nature par la suite ?
Le stress de la vie et la prise de conscience du monde qui nous entoure commencent à nous oppresser dès l’enfance et l’adolescence. C’est à ce moment-là que les premières tensions respiratoires et contractions apparaissent. On s’aperçoit alors très souvent, que lorsque l’enfant est devenu adulte, sa respiration s’est en quelque sorte « inversée ». Il s’agit d’une respiration décrite comme « haute » ou « dans les épaules » qui ne vous permet d’aspirer que 30% de l’air dont vous avez besoin.
Vous pouvez faire l’exercice suivant : prenez une très grande inspiration et observez vos épaules. Si lors de votre inspiration, vos épaules se lèvent en premier, alors vous êtes concernés.
Mais où sont passés les 70 % d’air restant ?
Ces 70% d’air sont vitaux pour la santé et la voix. Le corps a besoin d’oxygène, sans lequel les muscles se contracteront sans oublier le cœur, le cerveau etc… Savez-vous que pour l’écrasante majorité des personnes que je reçois, tous respirent mal, voire très mal ? (Même des sportifs de haut niveau !). Une respiration trop haute et incomplète sur le long terme vous amènera vers divers problèmes de santé. De plus, il sera très difficile par la suite de cerner qu’une mauvaise respiration en soit la cause (sous réserve d’un diagnostic médical écartant tout autre pathologie).
Étonnamment, les mêmes symptômes se présentent souvent :
Sur la santé :
• Stress
• Palpitations cardiaques
• Oppression thoracique
• Douleurs cervicales
• Douleurs lombaires
• Serrage des dents (bruxisme)
• Manque d’air (parole ou chant)
• Intestins capricieux (comme le diaphragme est peu sollicité en descente et en montée, il ne masse pas les intestins)
• Migraines (oxygénation du corps trop minime)
• Points de côté à l’effort.
• RGO (Reflux gastro œsophagien dû au stress en partie)
• Sommeil perturbé
Sur la voix :
• Manque de souffle
• Voix qui se fatigue
• Aphonie
• Manque de puissance vocale
• Tensions des muscles dans le cou (et dans les cervicales)
• Forçage sur les notes et la voix en général (constriction laryngée)
Il est donc nécessaire de réapprendre à respirer afin d’améliorer sa santé et sa voix, car tout est lié !
MES CONSEILS :
Je vous propose ici un petit exercice respiratoire qui vous aidera à retrouver le chemin de votre respiration naturelle.
Pour ce travail respiratoire, il est important de s’assoir ou de s’allonger. Commencez par expirer en vidant totalement votre air en rentrant le ventre, les mains sur le tout bas de l’abdomen. Dilatez ensuite vos narines très largement, en inspirant TRÈS LENTEMENT, en visualisant le tout bas du ventre. Afin de s’assurer que l’air descend lentement vers le bas des poumons, il sera nécessaire de boucher une narine de façon alternée sur chaque inspiration.
Voici les étapes :
1. Expiration : Je souffle en rentrant le ventre au maximum.
2. Inspiration : Je dilate les narines et j’en bouche une en inspirant lentement. Le ventre doit se « gonfler »
3. Expiration : Soufflez très profondément en rentrant le ventre
4. Inspiration : je recommence l’inspiration en bouchant l’autre narine
Il est nécessaire de faire cet exercice calmement.
Il est temps d’écouter votre corps et de prendre soin de l’arbre vie que vous a offert la nature !
Alors…. RESPIREZ! :=)
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