Bien respirer avec un masque

Voilà bientôt un an que les masques chirurgicaux, tissus et autres FFP2 se sont tristement invités dans nos vies. Désormais, ceux qui ne peuvent télétravailler depuis chez eux doivent venir au bureau avec un masque. En comptant les heures de bureau ainsi que les temps de trajet, on s’aperçoit vite qu’une personne peut littéralement passer presque la moitié d’une journée avec un masque sur la bouche.

Certes, porter un masque ne facilite pas votre respiration : vous avez constamment la sensation d’avoir une main devant votre bouche pendant que vous parlez et respirez. Certains finissent même par avoir des palpitations cardiaques et des migraines, avec un fort sentiment d’oppression thoracique et du mal à respirer.

Tout cela est très logique car cette sensation d’oppression liée au masque va vous faire stresser et votre rythme cardiaque augmentera naturellement. Cela réclamera plus d’oxygène pour vos organes et vous entrerez à ce moment-là dans un cercle vicieux où vous aurez toujours la sensation de manquer d’air…
Mais j’ai une bonne nouvelle pour vous :
Le masque ne vous empêche pas réellement de respirer !

Ceux et celles qui me suivent savent bien que je mène un combat pour que les gens apprennent à « bien respirer » en retrouvant la respiration de leur naissance : la respiration « abdominale ». Pour ceux qui ne l’auraient pas lu, vous pouvez vous référer à mon article qui traite de ce sujet. Le problème ne réside pas dans le fait que le masque vous empêche de respirer. Même s’il est une entrave évidente à la respiration, le vrai problème est que le masque amplifie et met en lumière le fait que vous ne savez pas respirer correctement.

Et comme la majeure partie de la population ne sait malheureusement pas respirer correctement (respiration systématique « par la bouche », « incomplète » et « inversée »), je vous laisse imaginer les impacts sanitaires sur le long terme… (manque d’oxygénation dans le corps = Crampes, stress, serrage des dents la nuit et/ou le jour , tensions au niveau du cou, des trapèzes, et du dos, points de côté, mauvais sommeil, ballonnements , etc…)

Et bien évidemment c’est aussi « votre voix parlée » qui va trinquer en bout de course. Au-delà d’un assèchement automatique de la gorge lié à une respiration par la bouche, vous ne pourrez jamais « projeter votre voix » correctement. La voix est comme « enfermée ».

Et oui, pour projeter sa voix, il faut pouvoir projeter suffisamment d’air (et de manière maitrisée grâce au diaphragme qui agit comme un piston). Mais pour projeter suffisamment d’air, il faut surtout en avoir beaucoup inspiré. Hélas, peu de gens sont capables d’un tel exploit ! Il s’agit pourtant d’un geste naturel que nous avons tous à la naissance. C’est un peu comme vouloir presser un ballon de baudruche à moitié plein en espérant faire beaucoup de bruit en appuyant dessus. Vous n’obtiendrez qu’un petit « pshitt» en vidant le ballon…

Une autre analogie est celle de la fermeture éclair bloquée. Plus vous essayez de forcer en tirant et plus elle restera bloquée. Par contre en la redescendant, vous arriverez surement à la remonter ensuite. Dans le cadre du travail respiratoire, descendre la fermeture éclair serait l’équivalent de souffler (expirer) en profondeur. Cela entrainera naturellement une meilleure prise d’air à la prochaine inspiration et permettra aux poumons de vraiment se recharger, avec au passage une action bénéfique sur le diaphragme.

En résumé, lorsque vous portez un masque, n’essayez pas de forcer pour respirer en cas d’oppression respiratoire, mais cherchez plutôt à expirer à fond pour ensuite inspirer calmement avec le nez. Maintenant et plus que jamais depuis l’apparition des masques dans nos vies, une bonne respiration est un élément clé pour préserver votre voix, et conserver une bonne santé !

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